Le roller derby de nos jours: un sport sur les chapeaux de roues
- 12 avr. 2016
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Depuis le début des années 2000 le roller derby connait un renouveau : en effet, celui-ci se répand parmi les femmes, qui en reprennent les règles tout en y ajoutant des éléments féministes et punks. Venu tout droit des Etats-Unis, ce sport revisité trouvera vite des adeptes tout autour du monde, dont en France.

Une naissance accidentelle
Tout commence en 2000 à Austin, Texas, lorsque Daniel Policarpo engage des sportives pour monter un spectacle de patins. Celui-ci s’inspire des règles du derby mais se démarque par l’ajout d’éléments visuels de la culture rockabilly. Tout ne se passe cependant pas comme prévu et, suite à des conflits internes, Policarpo finit par quitter la ville en abandonnant ses joueuses. Ces dernières décident alors de créer leur propre association : c’est la naissance du Bad Girl Good Woman Productions (BGGWP), la première ligue de roller derby féminine.
A partir de 2003 de nouvelles ligues de roller derby féminines se forment à travers les États-Unis. Ce qui avait commencé comme une initiative isolée devient donc un véritable mouvement de niche, notamment démocratisé grâce à internet. Ainsi, en 2004, le forum United Leagues Coalition permet aux joueuses de derby de s’organiser entre elles afin d’organiser des matchs. En 2005 une vingtaine de ligues de roller derby se rassemblent aux Etats-Unis afin de former une association nationale: la Women’s Flat Track Derby Association. Aujourd’hui plus de 400 ligues à travers le monde en respectent les règles.

Un sport féministe ?
En se réappropriant les règles du derby les rollers girls font passer un message fort. En alliant vitesse, agilité et chocs spectaculaires, cette discipline prouve que les sports de contacts sont loin d’être exclusivement masculins. Un bon moyen de rappeler que, loin d’être cantonnées à la danse, les femmes appartiennent tout autant au monde du sport que leurs pairs. En permettant à ses joueuses de trouver leur place dans un milieu encore très masculinisé, le roller derby se pare donc d’une idéologie résolument féministe.
Cet aspect idéologique est renforcé par la construction d’une véritable sous-culture dans le milieu, mélange de punk, de DIY (Do It Yourself, un mouvement encourageant ses membres à customiser leur style à l’aide des moyens du bord) et de références à la pop culture. Une tendance qui transparaît à travers les noms des joueuses, où celles-ci déploient tout leur humour et leur imagination pour se créer une persona qui ne manquera d’impressionner leurs adversaires. Autant dire que d’Alice Térique à Blondie Mérie, en passant par Psycho’Pat, les perles ne manquent pas.

Le roller derby à la française
Après son essor Américain, c’est dans les années 2010 que le roller derby commence à faire son entrée en France, tandis que des clubs fleurissent aux quatre coins du territoire (Paris, Toulouse, Bordeaux …). Aujourd’hui, même si le roller derby reste encore relativement méconnu, on recense une quarantaine d’équipes compétitives au sein de l’hexagone. Une tendance en pleine expansion et qui gagne en légitimité : ainsi, depuis 2015 le roller derby est reconnu comme discipline officielle selon la Fédération Française de Roller Sport. Une belle victoire pour cette activité hors normes, qui montre que le sport à haut niveau n’est pas l’apanage des hommes.
Crédit affiches: Roller Derby Toulouse; Lutèces Destroyeuses
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